vendredi 23 novembre 2007

C'est un des héritages les plus beaux du monde

Une forteresse impérissable

Entouré des plus fortes cultures du monde, on le trouvait en haut de la colline comme un géant superbe viellant de toutes les créatures minuscules des alentours. Toujours imperturbables et impétueuses, calmes et imposantes, les ruines de ce château gardaient l'histoire de beaucoup de siècles dans chacune des pierres utilisées pour le bâtir. Le marron bronzé de ses murailles, contrastant avec le vert sec des arbustes, pouvait encore échauffer les âmes de ceux qui habitaient là auparavant. Bien qu'on aurait pu le croire éteint, il restait encore vivant dans la mémoire du peuple car, du majestueux château de jadis, cet incroyable lieu ne garde que le majestueux.

Légué à des vassaux par leurs maîtres, le donjon imposant était sauvegardé par des tours semi-circulaires où les archères à bêche se permettaient d’occire leurs ennemis. Foyer aux grands seigneurs et chevaliers d’autrefois, la forteresse perdait peu à peu sa vie à cause des croisades et des royaumes dévastateurs mais gardait toujours une noblesse et une force sempiternelles.


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Comme celui-ci, on peut voir beaucoup d'autres jeunes dans la ville


L'acrobate sans nom


À ce moment-là, tous les spectateurs attendaient le début du spectacle ; des gens intouchables et incrédules qui, entourés par des garçonnets et des fillettes qui vendant toute sorte de friandises, regardaient du coin de l'œil la silhouette mince qui jouerait son acte sur cet inusuel théâtre. Le mélange de mépris et de curiosité dans leurs regards les rendait l'une des audiences les plus difficiles. L’artiste aurait beau avaler du feu ou des dagues, ils ne auraient jamais été surpris par les scènes que l'on pouvait voir dans ce cirque inopiné.

Un jeune homme, d'environ quinze ans et d'un air tranquille et méditatif, était l’un des meilleurs équilibristes de la ville. Sa minceur et gracilité le rendaient facile son acte. L'exécutant, face à son exigeant public, prit une petite table en bois et la plaça au milieu du plateau. Une fois la table placée, il apporta un cylindre métallique et une planche en bois qu’il disposa sur le meuble, l’un au-dessus de l’autre ; debout sur la planche, il essayait de garder l'équilibre en faisant voler rythmiquement des sabres rustiques dans l'air pollué de l'endroit.

Succès total. Au moins pour l'artiste aux vêtements d'un bleu éclatant et au visage peint en arc-en-ciel qui, avec l'agilité et la grâce d'un cerf, descendit de la table tout de go pour faire une révérence indiquant au auditoire la culmination de son show. Illico, il se dirigea vers le public, en attente de sa méritée compensation. Les gens, sans s'émouvoir, semblaient ne pas avoir apprécié la beauté de sa performance. Lui, comme les autres artistes anonymes de ce pays, semblaient invisibles aux yeux d'une société impitoyable. pas d'applaudissements ni d'acclamations. À la fin, avec seulement quelques liards dans la poche il ne se décourageait pas pour jouer son acte ni ne perdait son espoir de vivre.

Comme ce baladin, beaucoup d'autres gardaient l'espoir et se battaient, du matin au soir, pour survivre en faisant des spectacles de la rue. C'était un groupe d'artistes sans nom. Un collectif des milliers d'équilibristes, de jongleurs, de bateleurs, de saltimbanques, d’acrobates, des cracheurs de feu qui essaient de faire plaisir aux passants et aux conducteurs de voitures dans cette ville accablée par la pauvreté et les difficultés. C'est la vie des artistes de rue.


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